John Carpenter
14/10/2007
Respect (1967).. |
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John Howard Carpenter (né le 16 janvier 1948) est un réalisateur américain, mais il est aussi scénariste, producteur, compositeur et occasionnellement acteur. Il est spécialisé dans le cinéma de genre, et est reconnu particulièrement dans le domaine de l'horreur et de la science-fiction.
Carpenter est né à Carthage (New York). C'est le fils de Milton Jean et de Howard Ralph Carpenter, un professeur de musique. Lui et sa famille déménage à Bowling Green (Kentucky) en 1953. Très jeune il est captivé par le cinéma, surtout les westerns de Howard Hawks et de John Ford, ainsi que par les films d'horreur et de science-fiction à petit budget des années 50, comme "Planète Interdite" ou "La Chose d'un Autre Monde". Il commence à tourner des court-métrages d'horreur en 8mm. Il étudie quelque temps au Western Kentucky University, où son père donne des cours, avant d'être transféré à l'University of Southern California's School of Cinematic Arts, en 1968. Il réalise un court-métrage de fin d'année, "The Resurrection of Broncho Billy", qui gagne en 1970 l'Oscar du meilleur court-métrage.
Son premier long-métrage, "Dark Star" (1974), est un film de science-fiction satirique qu'il a co-écrit avec Dan O'Bannon (qui écrira plus tard le scénario de "Alien"). Le film coûte à peine 60 000 dollars et Carpenter et O'Bannon ne peuvent le finir qu'en étant à différent postes : musique, scénario, production et réalisation pour Carpenter, acteur et effets-spéciaux pour O'Bannon (effets-spéciaux qui ont attirés l'attention de George Lucas qui embauche Dan O'Bannon pour "Star Wars"). A Hollywood, la qualité de réalisation, malgré un budget serré, de John Carpenter ne passe pas inaperçu.
Le film suivant de Carpenter est "Assaut" (1976), un thriller à petit budget influencé par les films de Howard Hawks, notamment "Rio Bravo". Comme pour "Dark Star", Carpenter est responsable de plusieurs aspects de la création du film. Il est au scénario, à la réalisation et à la B.O. mais aussi au montage sous le pseudonyme de "John T. Chance" (le nom du personnage interprété par John Wayne dans "Rio Bravo"). Carpenter considère "Assaut" comme son vrai premier film. C'est aussi la première fois qu'il travaille avec Debra Hill, avec qui il fera ses films les plus importants. Avec un budget de 100 000 dollars, Carpenter embauche des acteurs expérimentés mais complètement inconnus. Les deux rôles principaux sont interprétés par Austin Stoker, un acteur qui avait préalablement joué dans des films de science-fiction, des films catastrophes ou des films de blaxploitation, et Darwin Joston, qui a travaillé à la télévision et est le plus proche voisin de Carpenter. Le film est froidement accueilli par la critique et le public en Amérique, mais est un succès critique et commercial en Europe après sa projection au London Film Festival en 1977. Il recevra tardivement des éloges de la part de la critique américaine qui le considérera comme l'un des meilleurs films d'exploitation des années 70.
Très peu connu, mais digne d'intérêt, le thriller "Someone's Watching Me !", réalisé et scénarisé par John Carpenter, avec Lauren Hutton dans le rôle principal, est diffusé en 1978, année très chargé pour le réalisateur. Ce téléfilm raconte l'histoire simple mais efficace d'une femme célibataire qui, quelque temps après son arrivée à Los Angeles, se rend compte qu'elle est observée par un prédateur invisible, que ce soit dans le building où elle tavaille ou dans son appartement. La qualité du téléfilm est bien supérieure à ceux de la même période. Très fortement inspiré par Hitchcock, Carpenter fait monter lentement le suspense jusqu'à la confrontation finale en pratiquant la théorie selon laquelle ce qu'on ne voit pas à l'écran est plus intéressant que ce qui est visible. Même si le téléfilm n'a jamais attiré l'attention, c'est intéressant de voir le parallèle entre l'histoire, le concept et le visuel de cette oeuvre et ceux de la production suivante de Carpenter, un certain "Halloween".
"Halloween, La Nuit des Masques" (1978) fait un carton au box office et annonce la naissance du slasher. A l'origine une idée suggéré par le producteur Irwin Yablans (intitulé "The Babysitter Murders") qui parle de baby-sitters menacées par un psychopathe, Carpenter prend l'idée, ainsi qu'une autre suggestion de Yablans comme quoi l'histoire se passe pendant la fête de Halloween, et développe un scénario. Carpenter dit du concept : "La nuit d'Halloween n'avait jamais été le thème d'un film. Mon idée était d'en faire un film de maison hanté." Le long-métrage est écrit par John Carpenter et Debra Hill, et Carpenter admet s'inspirer à la fois du "Suspiria" de Dario Argento et de "L'Exorciste" de William Friedkin. Carpenter travaille encore avec un petit budget de 325 000 dollars, et le film en rapporte 65 millions, ce qui en fait un des films indépendants les plus rentables de tous les temps.
Carpenter privilégie le suspense et la tension aux excès gores qui caractérisent les slashers qui feront suite à "Halloween" pour rendre la nature menaçante du personnage principal, Michael Myers, plus palpable. A l'époque, Carpenter décrit "Halloween" en des termes qui semblent contredirent sa façon nuancée et réfléchie d'aborder l'horreur : "Un vulgaire film d'exploitation. J'ai décidé de faire un film que j'aurai adoré voir étant enfant, plein de tours à bon marché comme dans les maisons hantées des fêtes foraines quand on marche dans un couloir et que des trucs vous sautent dessus." Le film a souvent été cité comme étant une allégorie de la vertu sexuelle et des dangers du sexe, mais Carpenter a expliqué qu'il n'en avait pas l'intention : "Il a été suggéré que je faisait l'éloge de la morale. Croyais moi, ce n'est pas le cas. Dans "Halloween", je montre les personnages comme de simples adolescents normaux." De tous les slashers postérieurs qui ont largement imités le travail de Carpenter sur "Halloween", peu ont rencontré le même succès critique. En plus de son succès critique et commercial, l'élément le plus emblématique du film est sa bande-son, composée par John Carpenter, qui est l'une des musiques de film les plus reconnaissables de tous les temps, avec entre autre celle des "Dents de la Mer" de John Williams.
En 1979, John Carpenter commence ce qui sera le début d'une longue collaboration avec l'acteur Kurt Russel quand il réalise le téléfilm "Elvis". Celui est un succès critique et public et relance la carrière de Kurt Russel, qui était un enfant acteur dans les années 60.
Après "Halloween", Carpenter renoue avec le succès grâce à "Fog" (1980), un histoire de vengeance d'outre-tombe (co-écrit avec Debra Hill) inspiré par les bandes-dessinées horrifiques telles que "Tales from the Crypt" et par "The Crawling Eye", un film de 1958 parlant de monstres cachés dans des nuages. Terminer "Fog" a été inhabituellement difficile pour Carpenter. Après la vision du pré-montage du film, le réalisateur n'est pas satisfait du résultat. Pour la première fois de sa carrière, il doit trouver un moyen pour sauver du naufrage un film quasiment terminé. Afin de rendre le long-métrage plus cohérent et effrayant, Carpenter tourne de nouvelles scènes. Environ un tiers du film terminé est composé de ces nouvelles scènes rajoutées. En dépit des problèmes de production et des critiques négatives, "Fog" est un autre succès commercial pour Carpenter. Le film a été réalisé avec un budget de 1 million de dollars et en a rapporté 21 millions rien qu'aux Etats-Unis. Carpenter a dit que "Fog" n'était pas son film préféré, bien qu'il le considère comme un "classique mineur du film d'horreur".
Après "Fog", Carpenter continu avec un film d'aventure et de science-fiction, "New York 1997" (1981), qui est devenu culte tout en étant un succès critique et public.
Son film suivant, "The Thing" (1982), se démarque des films précédents grâce à un budget plus élevé, aux effets spéciaux innovateurs de Rob Bottin, aux effets visuels de Albert Whitlock, à la composition de Ennio Morricone et au casting composé de Kurt Russel dans le rôle principal et d'acteurs de talent comme Wilford Brimley, Richard Dysart et Richard Masur. Il a été réalisé grâce à un budget de 10 millions de dollars, le plus gros budget de Carpenter à ce moment là , et distribué par Universal. Bien que "The Thing" soit en apparence un remake du film de Howard Hawks, datant de 1951, "La Chose d'un Autre Monde", la version de Carpenter est plus fidèle à la nouvelle de John W. Campbell, Jr. nommée "Who Goes There ?", qui est à la base des deux films. D'ailleurs, contrairement au film de Hawks, "The Thing" est sombre, pessimiste et possède une fin morne qui n'a pas plu aux spectateurs de l'été 1982, surtout que le film sort juste après "E.T. L'Extraterrestre". Du coup, le film ne marche pas bien et c'est le premier four financier pour Carpenter. Plus tard, le film trouve une nouvelle vie grâce au marché de la vidéo et au cable, et il est maintenant regardé comme étant l'un des meilleurs films d'horreur jamais réalisé.
Le film suivant de Carpenter, "Christine", est l'adaptation, en 1983, du roman de Stephen King. L'histoire est celle d'un lycéen mal dans sa peau, interprété par Keith Gordon, qui achète une vieille voiture des années 50 qui s'avère avoir des pouvoirs surnaturels. Le film marche bien à sa sortie, bien que Carpenter a dit l'avoir réalisé parce que c'était le seul projet qu'on lui avait proposé.
Le film suivant, "Starman", sorti en 1984, a reçu des louanges de la critique mais un succès public modéré. Produit par Michael Douglas, le script avait été choisi par la Columbia qui l'avait préféré à celui de "E.T. l'Extraterrestre", ce qui avait incité Steven Spielberg à aller chez Universal. Douglas choisi Carpenter pour le réaliser grâce à sa réputation de réalisateur de films d'action sachant y inclure de l'émotion. Le film est favorablement accueilli par le Los Angeles Times, le New York Times et le LA Weekly, et est décrit par Carpenter comme une comédie romantique similaire à "New York - Miami" mais avec un extra-terrestre. Le film a été nominé aux Oscars et aux Golden Globes pour l'interprétation de Jeff Bridges dans le rôle de l'extra-terrestre, et nominé aux Golden Globes pour la B.O. de Jack Nitzsche.
Après le bide financier de sa comédie d'action "Jack Burton dans les Griffes du Mandarin" en 1986, Carpenter peine à trouver des financements pour ses films. Il retourne alors à des petits budgets, tels que "Prince des Ténèbres" en 1987, un film influencé par la série "Quatermass" qui passe sur la BBC. Bien que certains de ces films soient devenus cultes, il n'a plus jamais réussi à retrouver le succès au box-office.
Les films de John Carpenter se caractèrisent par une lumière et une photographie minimaliste, une caméra statique, l'utilisation de la Steadicam, et une bande-son synthétique (en général composée par lui-même). Il dit être influencé par Howard Hawks, Alfred Hitchcock, Nigel Kneale et "La Quatrième Dimension".
Excepté pour "The Thing" et "Starman", Carpenter a composé la B.O. de tous ses films (parfois avec d'autres collaborateurs) les plus célèbres étant celles de "Halloween" et de "Assaut". Sa musique est généralement synthétique, avec un accompagnement au piano.
Carpenter est un grand fan du widescreen, et tous ses films (excepté "Dark Star") sont filmés en anamorphique avec un aspect ratio de 2.35:1.
Un "John Carpenter's" est souvent placé au-dessus des titres de ses films, comme par exemple "John Carpenter's The Thing".
Avec une carrière qui s'étend sur trente ans, Carpenter a atteint une réputation de réalisateur indépendant respecté. Beaucoup de réalisateurs de films d'horreur, de science-fiction, ou de films indépendants ont exprimé de l'admiration pour le travail de Carpenter, notemment Robert Rodriguez, Paul W.S. Anderson, Guillermo Del Toro, Paul Thomas Anderson et Quentin Tarantino.
Même si certains de ses films n'ont pas reçu un bon accueil critique ou public au moment de leur sortie, Carpenter est devenu cultissime grâce au marché de la vidéo. Plusieurs de ses films, notamment "The Thing", ont été redécouvert grâce à la VHS, au laserdisc ou au DVD et ont gagné l'engouement de nombreux fans. C'est intéressant, vu que "The Thing" a été à l'époque le premier échec cuisant de Carpenter. Le film été considéré comme étant trop noir, avait fait un flop au box-office et les effets-spéciaux de Rob Bottin était jugés trop grotesque pour une audience traditionnelle. Rétrospectivement, le film a acquis une bien meilleure réputation au sein de la critique. Quatre après "The Thing", "Jack Burton dans les Griffes du Mandarin" a aussi était un flop critique et public, le mélange des genres présent dans le film étant trop en avance sur son temps. Ce film, tout comme "The Thing", a trouvé le succès des années après grâce à la VHS et au DVD.
Niveau vie sentimentale, John Carpenter a eu une liaison avec Debra Hill, sa partenaire de création, depuis qu'ils ont travaillé ensemble sur "Assaut" jusqu'à ce qu'il rencontre Adrienne Barbeau, en 1978, sur le tournage de "Someone's Watching Me". En dépit de leur rupture amoureuse, Carpenter et Hill ont continué a collaborer sur plusieurs films en maintenant un lien amical. Cependant, travailler à la fois avec Carpenter et Barbeau sur "Fog" a été une expérience émotionnelle difficile pour Debra Hill. Carpenter et Barbeau ont été marié de 1979 à 1984. Durant leur marriage, Barbeau a été la star de "Fog" et a aussi joué dans "New York 1997". Le couple a eu un fils, John Cody Carpenter, en 1984.
(je me suis aidé de wikipedia pour l'article)
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